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J'ai peur quand je m'aproche de la vie J'ai peur quand je m'approche de l'amour J'ai peur quand je m'approche de moi
J'ai peur quand je regarde mes mains si mystérieuses, si incontournables, si intolérantes
J'ai peur quand je compte les heures qui avancent Qui sonnent en vain au cadran de l'univers Quand la lumière s'engouffre au fond des interminables nuits de cauchemars
J'ai peur quand je vois le Lys sécher dans sa fleur j'ai peur de ta bonté mes réflexions sur le Monde m'inquiétent Je ne crois pas à cet Ancêtre Navigateur qu'un Homme a inventé pour moi
J'ai peur comme Venise plongée dans une nuit polaire une violette cristalisée dans la neige la même qui serait mourante sous le soleil d'Afrique
Je revois l'angoisse cette mère qui court me poursuit pour rattraper son enfant l'allaiter dans la terreur de ce moment d'hier, d'aujourd'hui, de demain et de toujours je sais que maintenant je me livrerai moi-même à la non Vie, par peur de la Vie et personne n'y pourra rien même pas toi même le Grand Navigateur ancien, inventé par un Grand-Père que je cherche et que je ne retrouve pas...
Je rejoindrai mon ombre celle de Personne Le jour où les étoiles seront encore plus filantes Poussière d'or comme le désir d'une femme Une femme qui a peur quand elle s'approche de sa vie Comme une violette emprisonnée dans la neige cristalisée dans le coeur des immortelles plaines de Sibérie...
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