Eclats - Le globe de Vermeer



 


Que s'ouvre à nouveau le passé
Sur un livre d'image
un globe
Une maison ancienne aux mille couleurs
Un bras qui me tienne
Une voix
Une ombre
Un tiroir dérobé
une tombe abandonnée
Et l'éternelle brûlure
d'une baiser que j'ai toujours attendu
Ce baiser jamais reçu
Juste un baiser...

Pas même un bras
autour de mes reins
Pas même une voix
pour me dire d'où je viens :
La vérité.

Que le passé s'ouvre de nouveau
Et avec lui toute la tendresse
que j'aurais pu vivre
Toute la grandeur
que j'aurais pu porter en moi
comme un éclat
Une parcelle d'étoile
une lune aux rayons bleus
Que je vois réfléchie dans des miroirs brumeux
inaccessibles.

Que l'on me laisse devenir fou
Ou que de nouveau ce passé que j'ai rêvé
S'ouvre sous mes pas
rien que pour lui et moi.

Avec mélancolie je me rappelle d'une vie
que je n'ai jamais vécue,
D'un globe
d'une horloge où le temps était suspendu...

Non !
je ne demande rien
rien qu'une saison avec lui
ou juste l'espace d'une nuit
pour qu'il me dise qui je suis.

Mais d'où me vient cette étrange certitude
D'un passé que je n'ai pas eu
d'un lieu d'hiver
Et la nostalgie de cette maison
aux mille couleurs
Qui me ravit
Et ce globe de Vermeer
posé sur des livres d'antan
et puis cet autre sang
qui frémit dans mon sang présent ?...

Que l'on me laisse redevenir fou !...
 

 

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